D’un côté – de l’autre….

D’un côté :

 

Ce fut une très belle journée. Je parle de cette journée infirmière qui a ressurgie, inespérée, il y a peu.

Les échos de cette dernière sont encore sur les lèvres, dans les yeux, dans les oreilles…

On en retient le souffle vivant, la parole incarnée, et le jeu ou plutôt le jouer bien sûr… au sens de Winnicott, ce mouvement de vie et de symbolisation sans lequel on n’est plus grand chose. Elle était bien là , en acte, en présence, la créativité !

On se doit des mercis et des congratulations, ça donne envie de balancer des grandes tapes amicales sur les épaules des participants et de « faire péter des bises » bien sonnantes aux joues des organisatrices.

Ca donne sacrément envie encore de penser et de vivre notre boulot et ça te flanque un immense coup d’air frais à dissiper au loin les miasmes du quotidien.

Certains ont dit, petit pincement au cœur, tristes un peu, un peu envieux pourquoi pas peut-être, mais surtout douloureux : « on aimerait aller travailler là-bas, en pédopsy, ou en extra-hospitalier », ces territoires un peu inconnus, idéalisés et transformés le temps d’une journée en paradis…

Parce que de l’intra sur scène … personne …

Sont pas plus mauvais que les autres, ceux qui y bossent, ils ont des envies aussi, et du cœur à ce qu’ils font, alors ?

 

De l’autre :

 

Il y a encore une foutue grève le 25 juin (appel à mobilisation du 25 juin 2015) , tu sais c’est contre les restrictions budgétaires et autres facéties qui viennent nous plomber un peu plus. C’est expliqué sur le site, je n ‘y reviens pas.

N’empêche, la prochaine fois, tout à l’heure, quand tu bosseras à flux tendu, que tu n’auras pas une minute pour penser ce qui t’arrive et le partager avec tes collègues, quand tu en seras à ton Xième changement de planning, dans l’incapacité de tenir une activité par manque de personnel, quand tu auras fait la tourne de plus, quand on te demandera d’être là et ailleurs à la fois, quand …

Bref tout à l ‘heure, la prochaine fois, quand à bout de nerf  tu auras lâché ta colère sur le collègue tout aussi vanné qui a le malheur de passer par là, et bien tout à l’heure, tu penseras ONDAM, plan d’économies, et peut-être tu y viendras à cette mobilisation du 25 juin, avec ceux de l’extra, ou de pédopsy, ceux qui peuvent encore jouer… (mais ça rédime pas mal aussi là-bas!).

Ah, et puis, d’un côté, tu sais comment ça a fini la journée… Un infirmier un peu philosophe nous a dit : c’est un peu comme  pour Sisyphe notre boulot…. c’est toujours à recommencer. N’empêche, même si on le sait, notre dignité, c’est peut-être aussi de se révolter contre cette absurdité… et comme il écrit Camus… on peut imaginer alors Sisyphe heureux !

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