Témoignage : Une suite à Ulysse… de l’Odyssée à l’Escale (2eme partie)

Leur arrivée

Il est 18h ce 30 aout et elle arrive de son pas pressé, rapide et sec.

Elle rentre dans sa chambre et ressort aussi sec.

« Mais c’est pas possible ! »

Son regard, agrandit, comme par l’effroi.

C’est d’autant fort que son regard est inexpressif, d’habitude.

« C’est asilaire. »

Ces mots… coup de poing.

Je sais que je ne pourrai la raisonner, je ne le souhaite pas.

La colère a à se dire.

C’est aussi notre travail que d’accueillir la colère, comme tout autre sentiment…

Je partage avec elle mon désarroi.

Elle me dit  « j’ai envie de pleurer »

Elle, cette femme impassible, emmurée, au pas pressé.

S’arrête et laisse échapper un sanglot.

Je n’ai que le temps de toucher son épaule…

 

Car je le vois arriver, avec ses parents.

 

Il arrive, marche d’un pas mécanique, le corps tendu.

Le regard froid, coupant… de l’acier trempé…

Il marche, il arrive par ce couloir entre barrière et grillage blanc.

Si vous passez par là, vous ne pourrez louper cet endroit.

 

Lui : « c’est carcéral »

Comme une sentence, froid coupant, sans appel.

Pourquoi ai-je cette impression qu’il a maigrit, il est si pale.

 

Derrière, il ya ses parents, perdus eux aussi.

« il ne va pas bien du tout »

Ils le suivent.

Lui marche. Sans but…

Semble regarder sans voir,

Ou bien, voit ‘il trop bien.

Il avance, fait demi-tour.

Il rentre, il sort, hésite.

« C’est carcéral »

Son regard, comme mort…

Son visage, blafard.

Hanté, par des souvenirs, des sensations ?

Des moments de grande folie, dans ces murs, dans des murs similaires.

 

Il semble vouloir s’échapper.

Non, je ne fermerai pas la porte.

Ma voix l’accompagne, je lui dis que je l’attends quand il va raccompagner ses parents…

J’ai du rassurer sa mère, lui dire qu’ils pouvaient partir, que nous prendrions soin de lui.

Il y a aussi de l’effroi et des fantômes dans son regard…

« Vous savez, on s’en est tellement vu »

Il revient, il rentre, il sort.

Je le suis, juste à 2 pas derrière lui.

Là, les mots sont vains, juste la présence.

Pour lui, je (nous) sommes en train de comploter contre lui.

« Vous savez bien ce que vous êtes en train de faire »

Il n’écoute pas ma réponse, se lève et s’en va dans le service.

 

… suite et fin prochainement…

1ere partie du témoignage: Une suite à Ulysse… de l’Odyssée à l’Escale 1ere partie

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.