Ulysse ou la profession de soi(n) (3ème partie)

4. Les Lestrygons ou les géants du Soin.

C’est ainsi que j’arrive sur cette île qui ne jure que par l’Education Thérapeutique du Patient, ce nouveau format de soin qui va à l’encontre de mon expérience, mon bagage clinique. Je me vois assimiler cette technique comme un schéma pavlovien. Moi qui n’ai appris que les mots « accompagnement, prendre soin, Humanitude et soutien », j’ai même entendu voire lu du Freud ou encore du Jung, ces mollah infâmes d’une psychothérapie des plus grotesques. Que dois-je faire face à cette tentative de reformatage dans le  but d’adopter le parti du  « bon » soin, m’engager sur les voies d’une djihad, cette guerre sainte idéologique? trop explosive à mon goût…

Je m’enfuis donc, même si au passage des compagnons de voyage se font dévorer par ces géants.

5. L’île de Circée ou la rencontre avec le Chef Polaire

J’arrime mon bateau sur cette île magique où règne cet être de pouvoir qui s’entoure de séduction afin de transformer mes compagnons survivants en porcs, ces animaux omnivores qui se contentent de se repaître des déchets des humains, qu’on engraisse jusqu’à les installer sur une broche de la barbe au cul et les faire rôtir sur l’autel de la finance. Le Chef suprême tente par maintes manœuvres de m’attirer dans un projet fabuleux, qu’il aurait imaginé, où la magie de l’amour et du soin opérerait dans un temps tellement court que je ne sentirai même pas passer la broche.

Je ne sais si je dois rire ou pleurer face à mon manque de naïveté malgré mon jeune âge…

je repars en naviguant vers des eaux de plus en plus troubles.

6. Calypso ou la tentative du choix

Le chaos de mon voyage intérieur m’amène sur l’île d’Ogygie. Je suis aussi tenté qu’Ulysse face à Calypso de perdre mon désir et renoncer à mon idéal de soin en psychiatrie. J’aimerais retrouver un lieu où chacun a la possibilité de se rencontrer humainement. M’isoler en espérant que la tempête de ne me touche pas et qu’elle épargne le plus de patients possible mais l’illusion ne dure qu’un temps et j’ai besoin de sécurité comme je souhaite apporter une sécurité psychique aux soignés. Je reprends la mer malgré ce déchirement qui m’expose aux vents contraires mais à la vie tout de même. J’ai éprouvé la phase dépressive mais je me dois de continuer pour me trouver, me retrouver afin de les trouver, les retrouver ces gens fous, mais comme nous le rappelle le Chapelier d’Alice, la plupart des gens bien le sont….

 

Suite et fin provisoire à la prochaine escale…

Ulysse ou la profession de soi(n) : 3 premières parties

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