Les VŒUX CGT et FO St Cyr à la Direction du CHS et aux gestionnaires de l’ARS

C’est bien les vœux de la direction ! Ça permet de réaliser de plein fouet que l’hôpital n’est pas un. Il est au moins triple :

  • Il y a d’un côté l’hôpital, des directeurs et des importants sur les estrades, dans les  bureaux des ARS  et des ministères. On est content, c’est l’hôpital de la maturité, des projets TGV de modernisation, mutualisation, rationalisation, des congratulations et des applaudissements autour des cocktails et plateaux d’amuse-gueule.
  • Il y a celui des agents qui n’en peuvent plus et cherchent à tenir bon, vaille que vaille (ou à partir).
  • Celui enfin des patients de plus en plus violents et souffrants, trimbalés de sorties prématurées de CI ou d’hospitalisation en ré-hospitalisations boomerang sur les lits couchettes, au sein d’équipes de plus en plus épuisées, de moins en moins contenantes, et régulièrement taillées en lambeaux.

Bien sûr, Monsieur le Directeur, vous n’êtes pas informé de la situation, malgré les alertes, les rapports CHSCT, les interpellations de nos syndicats, les témoignages, sans parler des états des lieux rapports et préoccupations transmis par l’encadrement et la médecine du travail quand elle existait encore. Téléphonez-moi dites-vous ! N’hésitez pas ! Je ne savais pas tout ça.

Nous vous invitons à entendre ici la voix de ceux qui ne fréquentent pas votre estrade, en vous souhaitant, de tout cœur, en 2017  d’être enfin en parfaite connaissance des deux dimensions de l’hôpital que vous méconnaissez. Nous vous souhaitons d’être amplement informé et réellement attentif à la souffrance des agents et des patients. Nous vous souhaitons ainsi de parvenir pleinement à assumer votre fonction de garant de la qualité de vie au travail, puisque vous savez sans aucun doute, tout  comme nous, qu’elle détermine fondamentalement  la qualité du  travail de l’hôpital  à savoir  garantir des soins.

D’une pierre deux coups. Efficience maximale. Nous parlerions enfin un langage audible ?

Dans nos AG, dans les diverses rencontres et témoignages, entre deux portes, dans les couloirs en prenant leur poste, femmes et hommes de diverses catégories socio-professionnelles, à divers niveaux de responsabilité, ils et elles ont dit, parfois les larmes aux yeux (échantillon) :

  • « j’ai fait un bilan de compétence pour partir, c’est insupportable ce que je vis, je préfèrerais devenir boulangère, n’importe quoi d’autre, plutôt que continuer de venir dans ces conditions »
  • « cette diminution évidente de l’accès aux soins c’est contre tout mon engagement dans le service public »
  • « ça n’a plus de sens ce qu’on fait, à part les économies de fric »
  • « on est obligés de demander à des agents de l’extra de remplacer leurs collègues à bout en intra, pour que ça tienne, alors que l’on sait pertinemment que tout le monde fait déjà tout ce qu’il peut, pour que ça tienne, c’est sans fin, c’est minant »
  • « c’est effarant les plannings qu’ils ont en intra, quand on voit ça »
  • « on peut plus assurer de groupes, les patients tournent sans rien, dans les couloirs »
  • « les patients sortent trop tôt, pas suffisamment stabilisés, ils rentrent chez eux dans des conditions catastrophiques, la violence est de plus en plus importante »
  • «  les gens n’osent rien dire, ils ont peur »
  • « On t’appelle des fois en pleine nuit pour te demander de venir travailler le lendemain »
  • « on attaque les lieux de pensée et de documentation, ce n’est pas pour rien, c’est symbolique »
  • « on est toujours dans l’agir, plus le temps pour rien »
  • « la maltraitance institutionnelle est de plus en plus importante »
  • « avant je venais avec plaisir, maintenant c’est fini tout ça »
  • « je croyais qu’on faisait tout ça pour sanctuariser l’extra … on leur demande de plus en plus souvent de venir remplacer, ils doivent même fermer »
  • « les appels à la solidarité, on joue sur la culpabilité, pas moyen de refuser, alors on y va, on tient plus nos groupes et nos prises en charge »
  • « du jamais vu, on n’existe plus pour personne dans cet hôpital, jusqu’à disparaître du planning  »
  • «  la moitié de l’équipe est partie en quelques semaines, on n’a même pas une réunion pour en parler »
  • « les jeunes n’ont pas de traitement, on a de moins en moins de personnel, mais le médecin a dit qu’elle ne nous couvrirait pas si on fermait à clé, alors on se fait insulter, cracher dessus »
  • « On n’a pas pu se dire au-revoir, il est parti du jour au lendemain, un jour là le lendemain ailleurs… »
  • « on va fermer l’internat, pas assez rentable, pourtant ça marchait bien pour traiter les problématiques de séparation »
  • « il y a des enfants qui n’ont plus de groupe, plus de prise en charge »
  • « on a pris l’habitude d’aller seul en CI, sinon on n’y arrive pas »
  • « les ASH, on a baissé leur effectif après la fermeture des 10 lits, mais la surface à entretenir reste la même »
  • « on a dû modifier nos congés pour remplacer en intra»
  • « A ALBIGNY, le CMP est fermé deux semaines en fin d’année, un mois l’été, pour remplacer en intra »
  • « On n’arrive plus à accompagner les patients à l’extérieur, par manque de personnel »
  • « On pousse pour faire des sorties, faire de la place, même si on n’est pas d’accord, on sait que c’est trop tôt»
  • « le soin ne va pas jusqu’au bout»
  • « on fait même plus d’EI, pas le temps, c’est épuisant, ça sert à rien »
  • « on ne parle jamais de la réalité des faits, ce qu’on vit. »

A vous aussi, Monsieur le Directeur, nous souhaitons une belle année 2017

St Cyr le 31 janvier 2017.

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